Pas de position tranchée du côté de Pékin alors que partout ailleurs, les grandes puissances s’offusquent et condamnent l’invasion russe de l’Ukraine.
La Chine appelle toutes les parties à la « retenue » après l’intervention militaire russe, loin de considérer l’attaque comme une « invasion ». Pékin dit comprendre « les préoccupations raisonnables de la Russie en matière de sécurité », c’est ce qu’à déclaré Wang Yi, le ministre des Affaires étrangères chinois.
La Chine joue un peu à l’équilibriste. Elle ne souhaite pas s’opposer frontalement à la Russie, pays frontalier et ami avec lequel elle s’accorde sur le principe de l’opposition à un élargissement de l’Otan. Sauf que Pékin ne souhaite pas non plus apparaître comme un soutien à la Russie dans sa croisade ukrainienne. Et non plus en opposition à une invasion-annexion d’une partie de l’Ukraine. La Chine ne peut s’offusquer de ce qui se passe en ce moment en Ukraine, peut-être que cela lui donnerait plus de motivation pour annexer définitivement Taïwan.
En tout cas, la position mitigé de la Chine participe, pour l’instant, d’un certain équilibre à l’échelle mondiale, des rapports de force qui, dans les faits, font que le conflit reste circonscrit à l’aire géographique de l’Ukraine puisque même les Etats-Unis et partant, l’Otan, hésitent (encore) à envoyer des troupes pour s’opposer à l’invasion russe.
Dans ce qui s’apparente à une partie de pocker, Poutine n’a pas bluffé du tout en faisant monter les enchères depuis des jours. Au final, il aligne un «straight flush» (suite de couleurs) face au «for of a kind» (carré) américano-européen. Quant à la Chine, elle n’a pas dévoilé toutes ses cartes…
